Veille technologique

La veille est un processus visant à surveiller et à exploiter de façon systématique les sources d’information ouvertes qui présentent un intérêt pour une instance décisionnelle dans le cadre du développement ou de la protection des intérêts qu’elle représente.

La veille s’inscrit dans l’ensemble plus vaste des pratiques et des techniques d’aide à la décision.

Dans le cadre d’une entreprise, la veille s’adresse de façon privilégiée aux décideurs de l’entreprise.

Dans le cadre plus spécifique de la Recherche-Développement et Innovation, la veille s’adresse aussi aux chercheurs désireux de positionner leurs travaux par rapport aux attentes du marché ou simplement soucieux de rester à l’écoute de leur environnement professionnel.

Un environnement économique sous influence

L’entreprise du XXIème siècle doit faire face aux défis posés par un environnement économique globalisé qui se traduit par des influences diverses qui tendent à changer la donne de façon significative :

  • Les besoins de ses clients ou des utilisateurs finaux sur les marchés porteurs, son environnement concurrentiel, les rapports de force avec ses fournisseurs ;
  • Les risques de substitution de ses produits ;
  • Les projets de loi qui peuvent se traduire par des réglementations contraignantes, ou au contraire dynamisantes, vis-à-vis de certains services ou produits ;
  • Les avis et les opinions des consommateurs et citoyens, qui, mêlés aux comptes-rendus, aux enquêtes et aux analyses des médias contribuent à la fois à faire émerger une critique globale des produits et services d’aujourd’hui ainsi qu’à façonner les contours des produits et services de demain.

L’entreprise à l’affût des informations clés pour son développement

Pour tirer parti des évolutions du marché, la veille permet à l’entreprise de détecter de telles évolutions à travers la surveillance et l’exploitation systématisées des sources d’information ouvertes les plus susceptibles de rendre compte des influences à l’œuvre au sein de son environnement économique.

Ainsi, pour une entreprise, la veille a pour double objectif de :

  • Détecter des informations qui ont un impact immédiat pour la bonne marche de l’entreprise (l’actionnariat d’un client change, un fournisseur est en grève, un concurrent stoppe sa production…) ou qui ont un impact différé, en apportant des éléments intéressant le futur de l’entreprise (un concurrent travaille avec un laboratoire public dans le cadre d’un projet européen, une partie de la législation dont dépend l’activité de l’entreprise est remise en question au niveau de l’Union Européenne...) ;
  • Supporter la prise de décision en apportant des informations de synthèse obtenues en comparant, recoupant, visualisant les informations détectées en amont.

Aux sources de la veille : les sources d’information ouvertes

Une source d’information est dite ouverte lorsqu’elle cherche à transmettre les informations dont elle dispose.

Parmi ces sources, la veille peut avoir recours à des sources informelles, c'est-à-dire des professionnels qui partagent volontiers leurs savoirs, leurs problématiques ou leurs attentes, essentiellement dans un souci réciproque de se tenir à jour et de faire avancer leurs propres travaux.

La veille a également recours aux sources d’information formelles, essentiellement des supports écrits comme des articles scientifiques, des brevets, des articles de presse, des communiqués de presse, des livres…

En particulier, dans un contexte de développement et de démocratisation accrue des moyens de diffusion et de communication électroniques, la veille fait un usage massif de sources formelles électroniques qui permettent, via Internet, d’accéder avec les mêmes outils à un éventail de documents (brevets, articles scientifiques, actualités) dont la détection et le recoupement présentent un intérêt majeur pour l'entreprise.

De plus, Internet présente l’originalité de mettre à disposition de l’ensemble des consommateurs et des citoyens des moyens pour publier leurs avis et leurs opinions à travers des supports qui n’existaient pas auparavant. Les listes de diffusion, les blogs et les réseaux sociaux sont autant de sources d’information supplémentaires qui font d’Internet un média incontournable pour la veille.

Une pratique diverse, rationalisée et supportée par des outils spécialisés

Selon les sources d'information privilégiées pour réaliser une veille, celle-ci pourra prendre des dénominations particulières: veille technologique, veille scientifique, veille réglementaire, veille d'opinions, veille concurrentielle...

Néanmoins, toute veille met en œuvre un processus générique composé de 6 étapes principales :

  • Etape 1: Identification des besoins du ou des destinataires de la veille ;
  • Etape 2 : Sélection, identification et mise en surveillance des sources d’information ;
  • Etape 3 : Collecte des informations pertinentes ;
  • Etape 4 : Analyse et synthèse des informations collectées ;
  • Etape 5 : Diffusion des résultats aux destinataires de la veille ;
  • Etape 6 : Evaluation des résultats de veille et ajustement du service (auto-évaluation, feedbacks).

Des technologies spécialisées interviennent aux différents niveaux de ce processus et ont généralement pour objectif :

  • D’automatiser le traitement de gros volumes de données ;
  • De contribuer à produire de la valeur ajoutée, sous la forme de nouvelles informations obtenues par calcul, croisement et recoupement.

Parmi les outils les plus fréquemment utilisés figurent les agents de surveillance de sites web, les outils d’analyse bibliométrique, les outils d’analyse et de synthèse graphique de texte (text mining, cartes de réseaux conceptuels…).

Une pratique adaptée aux enjeux et aux moyens de l’entreprise Selon la nature de son activité et les enjeux liés au contrôle de l'information qui en découlent, une entreprise aura recours à différentes stratégies de veille.

Les grandes entreprises pour lesquels certains types d'information revêtent une importance stratégique disposent en général de compétences spécialisées dans la veille. C'est par exemple le cas de certaines entreprises pharmaceutiques pour lesquelles la propriété intellectuelle constitue une part essentiel de leurs actifs immatériels. C'est aussi le cas de certaines grandes entreprises qui vendent principalement des produits ou service de consommation courante et pour lesquelles l'avis des consommateurs est déterminant.

A contrario, les PME qui n'ont pas les moyens de disposer d'un service de veille font en général appel à des prestataires externes pour assurer ce service. C'est par exemple le cas lorsque de telles PME sont confrontées à une évolution de la législation qui encadre une partie de leur activité ou cherchent à diversifier leur activité sur de nouveaux créneaux.

Les PME peuvent aussi chercher à former une partie de leur personnel à des pratiques et des outils de veille relativement simples et abordables.

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