28ème réunion de la Conférence générale des poids et mesures

Du 13 au 15 octobre 2026, la Conférence générale des poids et mesures (CGPM) s’est réunie à Versailles, en France, pour sa 28ᵉ réunion. Une délégation luxembourgeoise a également assisté à cette conférence, qui réunit des représentants des États membres de la Convention du Mètre ainsi que des États et économies associés à la CGPM.

Lors de cette réunion, plusieurs résolutions importantes ont été adoptées concernant l’évolution de la métrologie internationale. Les principales décisions portent notamment sur la future définition de la seconde, l’évolution du temps universel coordonné (UTC), le développement d’une référence temporelle pour la Lune et la transformation numérique de la métrologie.

Vers une nouvelle définition de la seconde

L’une des principales résolutions concerne la préparation d’une future redéfinition de la seconde, unité de base du Système international d’unités (SI).

Actuellement définie à partir d’une transition atomique du césium 133, la seconde pourrait à l’avenir être redéfinie sur la base de fréquences optiques. Alors que les horloges atomiques au césium utilisent des micro-ondes, les horloges atomiques optiques reposent sur des transitions atomiques à des fréquences beaucoup plus élevées, correspondant à la lumière. Elles permettent ainsi d’atteindre une exactitude de mesure encore supérieure.

La CGPM a confirmé la poursuite des travaux nécessaires à cette évolution, afin de garantir une nouvelle définition fiable et reconnue à l’échelle internationale. Une nouvelle définition pourrait être adoptée lors de la prochaine réunion de la CGPM, prévue en 2030, sous réserve que les conditions scientifiques et techniques nécessaires soient réunies. Aucune nouvelle définition de la seconde n’a toutefois été adoptée en 2026.

Vers un temps universel coordonné sans secondes intercalaires

Une autre décision majeure concerne l’évolution du temps universel coordonné (UTC), qui constitue la référence internationale pour la mesure du temps et la synchronisation des systèmes numériques.

Jusqu’à présent, des secondes intercalaires pouvaient être introduites dans l’UTC afin de maintenir un écart inférieur à 0,9 seconde avec le temps astronomique UT1, déterminé par la rotation de la Terre. Ces ajustements peuvent toutefois provoquer des difficultés techniques pour les systèmes informatiques, les réseaux de télécommunication et les infrastructures nécessitant une synchronisation précise.

La CGPM a ainsi décidé de mettre en place un UTC continu à partir du 20 mai 2027, sans introduction de nouvelles secondes intercalaires. La différence maximale autorisée entre UT1 et UTC sera portée à 3 600 secondes (une heure), afin de garantir la continuité de cette échelle de temps sur le long terme.

Cette décision constitue une étape importante vers une référence temporelle internationale plus stable, mieux adaptée aux exigences des technologies modernes et des infrastructures numériques.

Une référence temporelle internationale pour la Lune

Avec le développement des missions spatiales et des futures activités sur la Lune, la nécessité de disposer d’une référence temporelle commune devient de plus en plus importante.

La CGPM a ainsi soutenu les travaux visant à définir une échelle de temps de référence lunaire internationale, assurant sa traçabilité au temps universel coordonné (UTC).

Cette future référence permettra de faciliter la synchronisation des systèmes de navigation, des communications et des infrastructures nécessaires aux missions lunaires. Son développement nécessitera une collaboration étroite entre les instituts nationaux de métrologie, le BIPM, les agences spatiales et les organisations scientifiques internationales.

Poursuite de la transformation numérique de la métrologie

La CGPM a également adopté une résolution concernant la poursuite de la transformation numérique du système métrologique mondial.

L’objectif est de faciliter l’échange et l’utilisation des données de mesure grâce à des informations numériques fiables, interopérables et traçables au Système international d’unités (SI).

Cette évolution vise notamment à favoriser le développement de solutions numériques communes, telles que les certificats d’étalonnage numériques, et à permettre une utilisation automatisée et sécurisée des données de mesure dans les domaines de l’industrie, de la recherche et des nouvelles technologies.

Les décisions prises lors de cette 28ᵉ réunion contribuent ainsi à faire évoluer les références internationales de mesure et à renforcer la coopération entre les instituts nationaux de métrologie.

 

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